Accélérer le développement de l’agriculture durable



La semence, la solution

La semence, une solution essentielle pour relever les grands défis environnementaux et alimentaires de notre planète.

La semence, la solution

Accélérer le développement de l’agriculture durable

Préserver l’environnement tout en produisant plus

L’agriculture est aujourd’hui confrontée à un défi humain, sociétal et environnemental majeur : augmenter sa production pour nourrir une population mondiale qui se chiffrera à 9 milliards en 2050, tout en préservant l’environnement. Autrement dit : satisfaire les besoins alimentaires des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. Dans cette mutation profonde de la production agricole, la filière semences a un rôle essentiel à jouer. En effet, la semence est à l’origine de toute culture. Elle est donc le premier maillon de l’agriculture durable.

Réduire l’impact environnemental des cultures par l’amélioration variétale

Les intrants constituent l'ensemble des produits qui ne sont pas naturellement présents dans une culture et qui y sont ajoutés afin d'améliorer son rendement, c’est-à-dire les engrais, les produits phytosanitaires, l’eau… Afin de diminuer l’utilisation de ces intrants et donc de réduire l'impact environnemental de l’agriculture, les sélectionneurs concentrent leur efforts autour de nombreux programmes de recherche : résistance aux maladies ou aux insectes afin d'utiliser le moins de traitements possible ; efficacité de l'absorption d'azote par les plantes pour diminuer la fertilisation (et donc les nitrates dans le sol) ; enherbement du sol pour diminuer la présence de mauvaises herbes et donc l'usage d'herbicides ; tolérance au stress hydrique pour que la plante puisse se développer malgré les périodes de sécheresse...

Nouvelles variétés de blé et culture extensive

Une étude Inra de 2003* a comparé les rendements des 14 principales variétés de blé tendre inscrites entre 1946 et 1992. Les essais ont été réalisés avec ou sans apport azoté (engrais) et avec ou sans fongicide (traitement contre les champignons), dans cinq régions différentes.
Les résultats de cette étude montrent que les variétés les plus récentes ont un meilleur rendement que les variétés anciennes en conditions extensives (sans apport azoté ni traitement fongicide), et un rendement plus stable en conditions défavorables (stress climatique ou maladie).
Ainsi, les nouvelles variétés sont beaucoup moins dépendantes des apports extérieurs et leur rendement en culture extensive dépasse largement le rendement des variétés anciennes, contrairement à ce que l'on pourrait penser.
* Genetic improvement of agronomic traits of winter wheat cultivars released in France from 1946 to 1992.
Crop Science, 43, 37-45.

Faire appel au rôle écologique des plantes couvre-sol

Les plantes couvre-sol, ou couverts végétaux, ont de multiples avantages environnementaux. Ils servent d’engrais verts, car ils augmentent la teneur en matière organique des sols. Ils servent aussi de pièges à nitrates ; en effet, ils empêchent leur lessivage vers les nappes phréatiques et les cours d'eau.

Les couverts sont souvent implantés entre deux cultures pour éviter l'érosion du sol nu l'hiver et l'envahissement par les mauvaises herbes, tout en restructurant le sol et en servant d'abri à la petite faune sauvage et aux insectes. Ils sont obligatoires le long des cours d'eau, en bandes enherbées, pour empêcher le ruissellement de produits ou de fertilisants.

Les semenciers mettent à disposition des agriculteurs des mélanges d'espèces choisies en fonction de leurs aptitudes. Parmi ces espèces, la moutarde blanche, la phacélie, les trèfles, la luzerne, la vesce commune ou le ray-grass ont chacune des atouts particuliers.

Elargir les débouchés écologiques des plantes cultivées

Les plantes cultivées ont des vertus sur la qualité de l’air que nous respirons. Les plantes absorbent le dioxyde de carbone (CO2) de l'atmosphère et dégagent de l'oxygène. Par exemple, un hectare de maïs absorbe autant de CO2 que quatre hectares de forêt.

Mais les plantes cultivées comptent de nombreux autres atouts écologiques… Matière première naturelle et renouvelable, elles peuvent avoir des utilisations multiples hors domaine alimentaire : les biocarburants, les bioplastiques, les solvants, les tensio-actifs et les lubrifiants, ou encore les biomatériaux. Les sélectionneurs travaillent à la création de variétés mieux adaptées à ces usages. A terme, on peut donc envisager que les produits de la chimie verte remplaceront de façon significative ceux issus des matières fossiles, dans les domaines aussi variés que l’énergie, les matériaux et la chimie fine.

L’exemple du bioéthanol

Le bioéthanol est un produit de substitution au pétrole. Ce biocarburant provient de plantes riches en sucre comme la canne à sucre ou la betterave sucrière. Il peut aussi être obtenu à partir de plantes à forte teneur en amidon : blé, maïs, pomme de terre...

 La filière semences au coeur de la biodiversité

La notion de « biodiversité » recouvre la variabilité, sous toutes ses formes, des organismes vivants : animaux et végétaux, micro-organismes, etc. En agriculture, la biodiversité a été enrichie par l’homme à partir d’espèces sauvages qu’il a domestiquées depuis la préhistoire. L’homme a ainsi sans cesse cherché à améliorer l’expression du patrimoine génétique des plantes cultivées.

Contrairement aux idées reçues, la recherche privée en création variétale ne réduit pas la biodiversité. Le travail du sélectionneur consiste précisément à composer avec la biodiversité existante pour créer de nouvelles variétés ; en effet, les nouvelles variétés végétales sont créées à partir des ressources génétiques. Pour la recherche en amélioration variétale, qui assure l’avenir de notre agriculture, il est donc nécessaire que toutes les sources potentielles de biodiversité soient conservées : des ancêtres sauvages aux variétés contemporaines, en passant par les populations anciennes.

C’est pourquoi les sélectionneurs ont été les premiers en France à collectionner des variétés. Rien que sur le territoire français, une trentaine de réseaux de conservation pour les différentes espèces a été créée par les entreprises de sélection privées et par les instituts de recherche publique. Certaines des ressources génétiques qui constituent la biodiversité des plantes cultivées sont utilisées aujourd’hui ; d’autres constituent les « réservoirs » de demain pour des besoins encore inconnus. Les nouvelles variétés créées par les entreprises semencières viennent enrichir en permanence ces collections et donc la biodiversité existante.

 Conserver : un métier d’expert

La conservation des ressources génétiques nécessite une gestion stricte, afin de préserver les qualités d'origine des différentes variétés. Il est indispensable tout d'abord de décrire ses caractéristiques de façon précise, puis d'éviter la dérive génétique.

La gestion des ressources génétiques exige ainsi des compétences pluridisciplinaires, des lieux et des modes de conservation variés et un suivi rigoureux. C’est pourquoi ce sont les chercheurs en recherche variétale d’instituts publics ou d’entreprises privées qui font vivre les réseaux de conservation.

Hors-série Gnis Déc. 2012 - Campagnes et environnement - le magazine de l'agriculture durable
DOSSIER - RECHERCHE -

La recherche pour résister aux stress !

Sélectionneur et producteur de semences maraîchères, Semences Gautier est l’une des rares PME françaises (elle emploie 120 à 130 salariés) à aller jusqu’à la mise en marché de ses semences de tomates, poivrons, aubergines, salades et autres melons. Proche du consommateur, l’entreprise prend en compte rapidement ses attentes. La notion de développement durable irrigue de plus en plus ses axes de recherche. « Lorsque j’intègre l’entreprise familiale, en 1984, indique son actuel directeur général, Jacques Gautier, la recherche est surtout centrée sur le rendement, les résistances aux maladies et la précocité des productions. Aujourd’hui, nous l’organisons autour de trois critères : la production, la mise en marché et les attentes des consommateurs. Les critères liés à la production vont tous dans le sens d’une agriculture plus sobre. Ils incluent le meilleur rendement net, c’est-à-dire avec le moins de déchets au champ, la résistance aux maladies et la résistance aux stress. Ce dernier thème monte en puissance, avec des contraintes climatiques accrues, dont celle de la rareté en eau. Pour la mise en marché, nous visons principalement l’amélioration de la conservation des légumes et l’homogénéité des produits. Quant aux attentes des consommateurs, il s’agit d’allier le goût, la facilité de préparation et l’équilibre nutritionnel à la sécurité alimentaire et sanitaire… Et ce n’est pas tout. La société exprime d’autres besoins : la préservation de la biodiversité, à laquelle nous participons au sein de réseaux sur nos cultures, et la réduction des impacts des productions sur l’environnement. Cette dernière passe en grande partie par l’amélioration génétique, via les résistances aux maladies ou aux insectes, mais aussi par des programmes de lutte intégrée ou biologique. À l’échelle européenne, les traitements phytosanitaires dans les serres ont déjà pratiquement disparu. »

Jacques Gautier,
directeur général de Gautier Semences

Filière semences : créer, mais aussi préserver et échanger

La création variétale est un subtil travail de croisements entre variétés déjà existantes. D’où l’intérêt de pouvoir piocher dans un catalogue le plus riche possible, qui ne se limite pas aux ressources génétiques conservées à l’échelle d’un seul pays. C’est en ce sens que le traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’agriculture et l’alimentation a été adopté en 2001, sous l’égide de la FAO. Il garantit un accès ouvert aux ressources génétiques publiques des pays signataires, pour 35 plantes cultivées et 29 cultures fourragères. Cet accord complète la convention sur la diversité biologique qui, adoptée en 1992 lors du Sommet de la Terre, introduisait déjà deux grands principes : la souveraineté des États sur leurs ressources d’une part, et le partage juste et équitable du fruit de leur valorisation d’autre part. Dans les deux cas, les pays signataires s’engagent à légiférer dans leurs frontières pour les mettre en application. En France, les sélectionneurs privés et publics, organisés en GIE, ont déjà mis à disposition de la communauté internationale deux collections : l’une de 1 800 variétés de blé tendre et l’autre de 500 variétés de maïs.



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