Nourrir la population malgré les changements climatiques



La semence, la solution

La semence, une solution essentielle pour relever les grands défis environnementaux et alimentaires de notre planète.

La semence, la solution

La semence, véhicule de l'innovation = la solution

Edito de Pierre Pagesse, Président du Gnis, revue Paysans n°353

Nourrir la population malgré les changements climatiques

Les changements climatiques constituent une menace pour la sécurité alimentaire des hommes. La recherche en amélioration des plantes propose un ensemble de solutions pour permettre aux agriculteurs de continuer à nourrir la population.

Les changements climatiques remettent en cause la capacité de l’agriculture à nourrir l’espèce humaine. Ce péril semble d’autant plus sérieux dans un contexte d’accroissement de la population mondiale. En effet, la FAO (The Food and Agriculture Organization of the United Nations) estime qu’il faudra augmenter de 70 % la production alimentaire d’ici à 2050 afin de nourrir les 2,3 milliards de personnes supplémentaires que comptera notre planète.

Les changements climatiques présentent 3 principales menaces pour la production agricole :

Avec le réchauffement climatique, la sésamie, insecte africain, est désormais présent dans tout le Sud de la France

• L’apparition de nouveaux insectes prédateurs et de nouvelles maladies.

• L’augmentation et l’intensification des stress climatiques subis par les plantes (sécheresse, chaleur…).

• La modification du paysage agricole, en réponse aux variations de température. Les cultures traditionnelles du Sud de la France vont inexorablement remonter vers le Nord…

Insectes et maladies : quelles réponses de la filière semences ?

De tout temps, les insectes et les maladies ont menacé les cultures. C’est pourquoi la recherche de résistance ou de tolérance aux « ravageurs » constitue l’une des grandes priorités de la recherche en amélioration des plantes. Celle-ci vise à préserver les récoltes de l’agriculteur et donc l’alimentation de la population. Le progrès variétal est porté par la semence.

Avec le changement climatique, de nouveaux prédateurs ou parasites font leur apparition en France. C’est le cas, par exemple, de la sésamie. Cet insecte africain représente essentiellement une menace pour les cultures de maïs. Or, depuis 20 ans, il est progressivement remonté jusqu’à arriver dans le Sud de la France. Il. La création variétale a permis d’apporter une tolérance à la sésamie dans les variétés de maïs.

Stress climatiques : un enjeu clé de la recherche

Les productions agricoles sont mises en danger par le raccourcissement des périodes d’ensoleillement, par l’augmentation des températures ou par l’intensification des épisodes de sécheresse. Tout l’enjeu de la recherche est alors de créer des plantes capables de se mettre en sommeil en ralentissant leur métabolisme ou bien de résister un certain temps à un stress important.

La force de la création variétale moderne est d’anticiper les conditions extrêmes que les plantes peuvent rencontrer, en testant leur résistance dans différentes conditions. Aujourd’hui, les chercheurs recourent à de nouveaux outils. C’est le cas, entre autres, de Phenofield… Il s’agit d’un dispositif de phénotypage à haut débit, utilisé par Arvalis dans la Beauce. Différents types de stress sont recrées sous abris et un robot passe parmi les plantes pour procéder à des notations automatiques de leur résistance.

Adapter les plantes à de nouvelles zones de production

Champ de culture de tournesol : plante originaire d'Amérique du Nord, adaptée au terroir français par la sélectionLe paysage agricole français pourrait être bouleversé par le réchauffement climatique. La progression attendue de la température terrestre d’ici à la fin du siècle est estimée de 2 à 5°C par les climatologues. Les cultures traditionnelles du Sud de la France vont donc inexorablement remonter vers le Nord… Pour chaque degré supplémentaire, les cultures migreront de de 180 à 240 kilomètres.

Or, l’adaptation des plantes à de nouvelles zones de culture est le fondement même de l’amélioration des plantes. C’est un processus entamé au Néolithique par les hommes : il s’agissait à l’origine de « sélection massale », c’est-à-dire basée sur des estimations visuelles. La sélection consistait alors à repérer les plantes faciles à cultiver. Puis l’homme a cherché à favoriser les individus les mieux adaptés, les plus résistants, les plus productifs et nutritifs.

Au fil des siècles, les espèces végétales se sont répandues à travers le monde pour être cultivées bien au-delà de leur de zone originelle de production.

L’expertise des chercheurs en amélioration des plantes et leur palette d’outils représentent aujourd’hui les sources les plus importantes d’innovation pour faire face aux changements climatiques. Les biotechnologies apportent de nombreuses pistes de réponses sur la question de la résistance des plantes à des épisodes de sécheresse de par le monde. L’objectif est d’utiliser simultanément la sélection conventionnelle, et la sélection assistée par marqueurs, par exemple.



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