1 - Progrès génétique, prouesse et promesses

1 - Progrès génétique, prouesse et promesses

Une demande sociétale et réglementaire accrue
(écophyto 2018, directive 91/414…) ;
Une augmentation inéluctable du coût de l’énergie et des engrais ;
Une évolution du climat (stress hydriques, élévation des températures à la montaison et floraison des céréales) ;
Une augmentation de la population mondiale…
Comment maintenir un bon niveau de productivité en s’adaptant à ces évolutions ?

Le progrès génétique est la principale réponse.

Quelques exemples concrets :

  • de résistances aux insectes

Cécidomyies : La lutte chimique est difficile à mettre en œuvre.Des variétés de blé résistantes aux cécidomyies ne nécessitant pas l'application d'insecticides en présence de vols existent déjà. En France, les premières variétés résistantes sont maintenant disponibles.

Pucerons : La résistance de niveau élevé chez le blé tendre ou le blé dur n'existe pas. La découverte de sources de résistance chez un ancêtre du blé permettra de facilité le travail des sélectionneurs.

  • de résistances aux maladies

Rouille Brune et Fusarioses : Grâce à l'utilisation du marquage moléculaire, les sélectionneurs travaillent à l'empilement (pyramidage) de plusieurs gènes de résistance pour limiter les risques de contournement de ces maladies qui provoquent des pertes importantes de rendement et de qualité des récoltes.

post-it oïdium

Des travaux similaires sur les principales autres maladies (Piétin verse, Rouille Jaune, Oïdium, Septoriose ...) sont conduits.

Malgré les difficultés : observations pas toujours faciles, déterminisme génétique parfois complexe, rareté des sources de résistance pour certains ravageurs, des progrès importants ont déjà été réalisés dans la lutte génétique contre les maladies d'autres sont encore possibles.

  • d‘utilisation de l'azote

Il existe des différences importantes entre variétés pour l'efficience de l'utilisation de l'azote. Des travaux sont en cours pour comprendre les aspects génétiques de ces différences et accélérer la création de variétés intéressantes.

 La recherche doit être à l’écoute des utilisateurs

   Interview de M. Claude TABEL Responsable Recherche Groupe RAGT

 En quoi le métier d’obtenteur a-t-il le plus évolué ?
Vous savez, notre métier est ancestral, certains disent que c’est le 2e plus vieux du monde, et a énormément changé. Au siècle précédent, dans les années 50 à 70, nous pratiquions une sélection “contemplative” : bloc et crayon en main, le sélectionneur observait et notait pour éclairer ses choix. Je ne dénigre pas cette époque, j’ai débuté ainsi, cela a engendré des progrès considérables. Puis la modernisation des outils a permis de gérer des volumes de plus en plus importants.
Les analyses statistiques ont été facilitées par l’informatique et les programmes sont devenus de plus en plus importants et performants.

Aujourd’hui, on parle de génomique, quels progrès en découlent ?
C’est la continuité des progrès accomplis, la génomique notamment nous donne l’espoir d’atteindre la “pierre philosophale” ! Notre volonté est d’entrer au plus près du gène, du coeur du gène. Pour cela, nous bénéficions des retombées des considérables investissements recherche sur le génome humain. Les séquenceurs de gènes nous permettent de pousser très loin la connaissance des gènes des variétés et de sélectionner des “gènes candidats”, porteurs de critères essentiels. Nous pouvons maintenant les suivre ou les introduire lors des processus de sélection.

Les challenges d’aujourd’hui ne sont-ils pas très compliqués, difficiles à résoudre ?
Oui, car les attentes des utilisateurs sont fortes et multiples.
Nous devons continuer à faire évoluer le matériel génétique en étant très à l’écoute des utilisateurs et même en anticipant la demande compte tenu de la durée de création des variétés !
De plus les demandes se sont diversifiées et les questions environnementales, sanitaires (la fameuse demande sociétale) sont des challenges toujours plus importants. Par exemple, l’utilisateur souhaite des blés à très fort potentiel, riches en protéines… tout en diminuant la fumure azotée.
Ainsi les critères de sélection ne font que s’additionner sans accepter un relâchement de la sélection sur des caractères travaillés depuis plus longtemps. Enfin ces attentes sont toujours urgentes et une véritable course s’est instaurée pour raccourcir la longueur des cycles de sélection, notamment par des techniques faisant appel aux laboratoires et à la culture sous serre avec comme corollaire la question du montant permis des investissements recherche et leur pérennité.

Et demain ?
Demain commence aujourd’hui !
Nous avons un grand savoir-faire… Il faut le faire savoir ! Quand on voit actuellement l’agriculture quelque peu mise au ban de la société, nous avons besoin d’une réaction collective montrant l’ensemble des bénéfices incontestables permis par la recherche, bénéfices générés ensemble au sein des filières de production.

  • Plus de rendement, plus de qualité
    La France est le premier pas producteur européen de semences de céréales à paille, grâce à la diversité de ses sols et de ses climats, au dynamisme de ses spécialistes et au professionnalisme de ses agriculteurs.
    Pour continuer à tirer profit de ces potentiels, les agriculteurs ont besoin d’une solide recherche variétale, de haut niveau et pérenne
    pour rester compétitifs...
    Avec les Semences Certifiées de Céréales, tout le monde y gagne !
  • La sélection des céréales à paille
    La sélection créatrice n’est jamais en mal de progrès !
    Le sélectionneur dispose de différentes techniques
    pour améliorer :
    • Le fonds des ressources génétiques, grâce à la sélection récurrente.
    • Des lignées de bonne valeur agronomique, en utilisant le rétro croisement (ou back-cross).
    • Des lignées résistantes en introduisant un caractère ciblé d’origine éloignée des espèces apparentées.
  • Résistance aux maladies : le combat des chercheurs


Haut de page