La recherche : un investissement rentable

La recherche : un investissement rentable

1 euro investi en génétique rapporte près de 6,7 fois la mise !

Post-it à savoir

La production française annuelle moyenne de blé sur la période est de 33 millions de tonnes. Le gain en volume annuel dû au progrès génétique est de 5,5 % soit 1,8 million de tonnes. Ce qui correspond à 36,4 millions de tonnes sur la période considérée équivalent donc d'une belle année de récolte.
La recette brute annuelle moyenne des agriculteurs exprimée en euros courants a été de 210,2 millions d'euros, tandis que les dépenses liées au progrès génétique étaient de 27,4 millions d'euros. En d'autres termes, chaque euro dépensé par les agriculteurs pour financer la création variétale leur a rapporté 6,7 euros.

Cette évaluation n'a pas pris en compte deux autres bénéfices. D'une part, la valorisation de l'augmentation de la qualité de la collecte. Aujourd'hui, les blés panifiables supérieurs (BPS) représentent 80 % des surfaces cultivées contre 30 % au début des années 1990 (Source : FranceAgriMer).

D'autre part, la palette de choix de variétés disponibles s'est largement accrue durant ces dernières années et cette offre s'est rajeunie, facteurs de sécurisation des rendements. L'âge moyen des 20 premières variétés de blé tendre est de 6 ans alors qu'il était de dix ans en 1974. En 2010, 167 variétés étaient commercialisées à plus de 100 tonnes de semences certifiées alors qu'elles étaient 90 en 1989. 

Il ne faut pas casser le long processus de la sélection variétale réalisée par les obtenteurs

La France est depuis très longtemps le premier pays producteur semencier européen, grâce à la diversité de ses sols et de ses climats,au dynamisme de ses entreprises et au professionnalisme de ses agriculteurs.
Pour toujours tirer profit de ces potentiels, la France a continuellement besoin d'une solide recherche variétale, de haut niveau. Celle-ci nécessite un engagement dans la durée et un financement approprié. 

post-it informatique

La semence, un concentré de recherche et de technologie
Comparé à bien d'autres secteurs économiques, le secteur semences investit beaucoup et à long terme.

Pourcentage moyen du chiffre d'affaires investi en recherche et développement par secteur d'activité

Investissements en recherche par secteur d'activité

Les coûts de la sélection ont fortement progressé depuis 60 ans 

Les différentes phases de l'amélioration des plantes modernes :

• 1950 : une première phase, la sélection "observatrice".
Les sélectionneurs passent beaucoup de temps aux champs à observer les plantes et à les choisir.

• 1970 : une première révolution silencieuse celle de l'informatisation et de la mécanisation.
Un grand nombre de données peut être ainsi analysé.
La sélection prend alors un élan considérable du fait de la sélection dite expérimentale avec pour corollaire l'augmentation des coûts de recherche.

• 1990 : la révolution des biotechnologies, et de la connaissance des génomes, a permis un nouveau pas que l'on intègre aujourd'hui dans les programmes de sélection.

• Aujourd'hui, c'est la révolution de la génomique, qui prend de plus en plus d'importance dans les coûts de recherche. Les coûts de la recherche génomique dépassent ceux de l'expérimentation. 

La création variétale est souvent très longue et toujours très coûteuse

Pour faire face, les semenciers français n’hésitent pas à investir, chaque année, 180 millions d’euros, soit 12 % du chiffre d’affaires de leur activité ! (Ces chiffres ne comprennent pas le secteur public).
Dans notre pays, l’activité recherche et sélection privée occupe aujourd’hui 65 groupes d’entreprises ou entreprises indépendantes, soit plus de 2 000 personnes réparties dans 140 stations. Le budget affecté aux biotechnologies est important dans les grosses structures
uniquement, où il représente un peu plus de 12 % du montant de la recherche.

Une équipe de sélection c’est près d’un million d’euros par an

Une équipe de sélection spécialisée pour une espèce (orge, blé,…), représente un budget annuel de près d’un million d’euros.
Elle comprend en moyenne 8 personnes :
• 1 sélectionneur,
• 1 à 2 techniciens,
• 3 à 4 aides techniciens,
• 1 à 2 travailleurs temporaires.
Une entreprise qui souhaite créer une unité de sélection en céréales à paille doit investir pendant au moins 12 ans avant de percevoir les premières royalties sur ses variétés. Un investissement d’une dizaine de millions d’euros est donc nécessaire avant de voir éventuellement ses efforts récompensés.

 

Agriculteurs et semenciers, ensemble pour le meilleur et pour… l’avenir

La très grande majorité des variétés de céréales inscrites au catalogue officiel a été sélectionnée par des établissements privés français.

Comme on l’a vu, les ressources financières qui permettent à ces établissements de travailler sont presque uniquement constituées de droits de licence perçus sur les ventes de semences certifiées. Toute diminution des ventes aboutirait donc à une diminution directe du nombre de programmes de recherche.

À l’inverse, toute augmentation se traduit aussi par un développement des travaux de sélection et par la création de variétés toujours plus performantes, répondant mieux aux exigences environnementales et aux exigences qualitatives des marchés.

L’évolution du marché des semences a donc des conséquences directes sur la recherche variétale française et sur les sociétés qui les conduisent, mais aussi sur les solutions attendues par les agriculteurs pour les aider à répondre aux défis de l’agriculture de demain.

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