Ne jamais baisser la garde !

Ne jamais baisser la garde !

Utiliser des semences certifiées, c’est améliorer la germination, le rendement, la qualité sanitaire et la gestion des risques.
C’est aussi contribuer à la recherche et garantir l’avenir des agriculteurs.

Une addition de moyens pour répondre aux attentes des clients

En utilisant des semences certifiées, les royalties réservées aux sélectionneurs servent à financer leurs travaux de recherche et de développement.
De plus, le fonds de soutien à l’obtention végétale (FSOV), abondé par la CVO recherche blé  tendre, finance de nombreux programmes de recherche, dont 6 sur l’amélioration de la qualité sanitaire du blé tendre.
Ils portent sur :
• le développement d’outils de caractérisation du risque mycotoxines,
• l’évaluation de matériel génétique face à la fusariose, et donc face aux mycotoxines sur grains,
• la création de variétés résistantes à la fusariose,
• l’exploitation de résistances durables aux fusarioses et aux septorioses,
• l’évaluation de la résistance à la septoriose,
• la recherche de gènes impliqués dans la résistance de la fusariose de l’épi. Ceux-ci permettront de disposer, demain, de variétés toujours plus adaptées aux exigences qualitatives des marchés.

Ergot : le principal recours consiste à utiliser des semences indemnes

Post-it ergot du seigleEn 2006, l'ergot, quasiment disparu de nos campagnes depuis longtemps est réapparu.
La fraîcheur et l'humidité du printemps ont favorisé des problèmes multiples : germination sur pied, échaudage, forts taux de grains cassés et de petits grains... mais surtout l'ergot était de retour. Des lots de céréales infectées ont été refusés à la collecte en 2006.
Comme quoi, il ne faut jamais "baisser la garde" !
On sait aujourd'hui qu'aucun fongicide, en application aérienne ou en traitement de semences, n'est efficace sur l'ergot. La lutte repose sur des méthodes agronomiques préventives : labourer et broyer pour éviter les résidus de culture, détruire les graminées aux abords des parcelles, éviter toute culture de céréales ou graminées dans les 2 ans suivant l'apparition de l'ergot...
Mais, la seule solution efficace repose sur la qualité de la semence : l'ergot doit être éliminé dès la production de semences.
La norme de certification impose un maximum de 3 sclérotes* (ou fragments) par échantillon de 500 g.
Pour éviter tous nouveaux problèmes suite au "cas 2006", grâce à leurs grandes capacités, les usines ont su s'adapter immédiatement pour aller plus loin encore. Les opérations de triage ont été encore plus strictes.
Les contrôles du SOC ont ainsi pu démontrer que sur 510 lots contrôlés, 4 % seulement contenaient des traces de sclérotes, mais seulement 1 à 2 par 500 g, soit en dessous du seuil réglementaire.
96 % étaient donc exempts d'ergot : l'utilisation de semences certifiées de céréales est incontestablement un gage d'assurance qualité et de respect de la santé publique !

* Sclérotes : petits corps contenant les spores de l'ergot (de la taille d'un grain de riz) et qui se conservent dans le sol. 

Carie : l'impasse sur le traitement représente un risque sanitaire individuel et collectif majeur.

En France, dans les années 1960-1970, la carie avait pratiquement disparu. Malheureusement ces dernières années, la méconnaissance des possibilités offertes par le traitement des semences, une certaine négligence dans l'application des traitements à la ferme, l'utilisation de produits non adaptés et le développement de l'agriculture biologique ont conduit à un retour de la carie du blé.
Aux Etats-Unis par exemple, une attaque de carie (Tilletia indica) en 1996, sur 6 000 ha de blé dur a provoqué un blocage des cargaisons destinées à l'exportation dans les ports et une perturbation des marchés du blé.
Dans tous les cas, le traitement de semences contre la carie est nécessaire. Face à cette maladie et à ses conséquences économiques et environnementales qui peuvent être très graves, les pouvoirs publics ont mis en place en 2007, une norme sanitaire de 0 spore du champignon sur les semences certifiées destinées à la commercialisation sans application de traitement de semences. 

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Nul n’est censé ignorer la loi

 Article 7 de la recommandation de la Commission 2006/583/CE sur la prévention et la réduction des toxines du Fusarium dans les céréales et produits céréaliers.
Il convient de choisir les hybrides ou variétés les mieux adaptés à la nature des sols, aux conditions climatiques et aux pratiques agricoles usuelles. Cela réduira le stress des végétaux et protégera davantage la culture contre une infection fongique. Seules les variétés dont l’emploi est recommandé dans un Etat membre ou une zone particulière d’un Etat membre devraient être plantées dans cette zone. Il convient d’utiliser, quand il en existe, des variétés de semences sélectionnées pour leur résistance aux moisissures et aux insectes parasites. Le choix de la variété pour sa tolérance à l’infection par Fusarium doit également tenir compte du risque d’infection.

CONCRÈTEMENT :
La législation alimentaire de l’UE s’articule autour du règlement cadre 178/2002 applicable depuis janvier 2005 et du règlement “Paquet Hygiène” applicable depuis janvier 2006.
Pour les exploitants agricoles, respecter ces règlements, c’est :
• mettre en œuvre les BPA permettant de maîtriser les risques de contaminants sur leurs productions ;
• ne pas dépasser les seuils tolérés, déterminés chaque année, pour les teneurs en mycotoxynes dans les lots de blé dur et tendre destinés à l’alimentation humaine ;
• disposer d’une liste des clients avec les produits vendus concernés et les dates de transaction ;
• tenir un registre des applications phytosanitaires ;
• conserver les analyses relatives à la qualité sanitaire ;
• en cas de risque sanitaire, informer les autorités compétentes, l’acheteur et procéder éventuellement aux retraits et rappel des produits.

Des contrôles officiels sont donc possibles et peuvent amener des sanctions. De plus, depuis 2006, certaines aides sont conditionnées au respect de ces règlements.

 

Contexte commercial concurrentiel, exigence des acheteurs, obligations réglementaires : la qualité sanitaire mérite l’attention de tous les producteurs de blé dur !

   Interview de M. Yves DESIREST Responsable Qualité à la Biscuiterie Nantaise (BN
"En tant que biscuitiers, nous sommes plus exigeants que par le passé envers les fournisseurs.
Il faut reconnaître que la qualité des livraisons s'est considérablement améliorée. Ceci est la conséquence d'une sélection des variétés livrées, de pratiques culturales améliorées, du classement des lots. Malgré cela, nous continuerons à demander encore davantage.

Quant au consommateur, il nous demande toujours plus. Il devient impitoyable. Des écarts de qualité, qui n'étaient même pas perçus dans les années 50-60, sont aujourd'hui intolérables. Pour nous, avoir une qualité régulière, c'est une condition indispensable au maintien de nos parts de marché. Nous sommes obligés d'avoir des standards de qualité bien définis et bien appliqués. Ceci est valable pour nos process, pour notre fabrication.

Il en va de même pour nos fournisseurs car une rupture quelconque dans la chaîne de la qualité entraîne un défaut, qui est perçu par le consommateur et qui se traduit immédiatement dans son intention d'achat. En conditions classiques, avec l'information "variétés" et des autres critères qualitatifs et analytiques relativement simples, on sait pratiquement comment la farine va réagir sur la ligne. C'est pourquoi actuellement nous sommes amenés à surveiller les variétés qui servent à nos farines.
C'est une des composantes essentielles pour éviter des changements brusques de qualité."

 

 
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