La diversité des plantes fourragères

La diversité des plantes fourragères

août 2010

Prairies, bandes enherbées, couverts végétaux, fourrages, gazons, jachères apicoles, végétalisation, les usages des plantes fourragères sont multiples.

Plante fourragère par excellence, la vesce lève le voile sur sa sélection, depuis la création de nouvelles variétés à l'association avec d'autres plantes fourragères pour répondre aux besoins des éleveurs.

C'est un méli-mélo de tiges vertes, garnies de feuilles de toutes les tailles et toutes les formes et de fleurs aux teintes allant du rose au pourpre : alignées dans des parcelles d'essai, la vesce commune se présente sous forme de nombreuses variétés ! Normal, car cette plante de la famille des légumineuses, dite Vicia sativa dans sa forme commune, est largement utilisée comme plante fourragère. Ses parties végétatives, feuilles, tiges voire racines, sont notamment riches en protéines et fort utiles à l'alimentation animale. Et la diversité offerte par les multiples espèces permet de pallier aux besoins variés en termes de plantes fourragères.

Une sélection sur plus de 20 critères morphologiques !

A l'origine des nouvelles variétés de vesces (il y a plusieurs espèces de vesce, comme la vesce commune,  la vesce pourpre, la vesce de pannonie ou encore la vesce sylvatica), le croisement de différentes variétés de vesces entre elles. « L'intérêt peut être d'assembler différentes plantes aux atouts communs, comme celui de la précocité, afin de renforcer ce caractère », explique Annick Basset, sélectionneur chez Jouffray-Drillaud. Particularité de la création de nouvelles variétés de vesces (pour toutes les autres espèces que la vesce commune) : cette plante étant allogame (elle a besoin d'une autre plante pour être fécondée) et entomophile, elle est isolée sous une cage grillagée et confiée à des bourdons qui se chargent de faire le travail de pollinisation et de faire naître de nouvelles variétés ! La sélection peut alors réellement commencer sur ces semis de plantes mères.

« Quant à la sélection de la vesce commune, elle est très pointilleuse, explique Annick Basset. Il y a plus de 20 caractères à observer. Il peut s'agir de la forme des feuilles, de la présence de poils sur les gousses et de pigments dans le nectar ».

   

Des qualités agronomiques également testées

S'en suit une première année de sélection, consacrée surtout à l'évaluation grainière. « Pour un sélectionneur, un des critères les plus importants est la productivité grainière : ça ne sert à rien de créer une belle bête si on a du mal à la produire !», résume la spécialiste. En parallèle, d'autres critères peuvent aussi être évalués, tels que la tolérance aux maladies, dont le mildiou ou la rouille, qui peuvent toucher cette plante fourragère.

La précocité est aussi testée. « Avena strigosa est par exemple une espèce de type printemps, qui résiste bien au froid quand elle est semée en octobre. Mais nous avons remarqué que si elle était semée en été, elle était éliminée dès les premiers froids ». Pour la spécialiste, il s'agit de trouver le bon compromis entre une capacité d'installation des plantes à l'automne et une résistance au froid : c'est le cocktail qui permet à l'agriculteur de préparer au mieux son couvert et à l'éleveur le pâturage pour ses bêtes. Autre aspect essentiel des plantes fourragères : leur bon équilibre nutritionnel, qui ne doit pas être minimisé. Une bonne concentration en protéines doit notamment être obtenue. « Dès qu'une variété semble prometteuse, on la met en multiplication », explique la spécialiste.

Concevoir des mélanges de fourragères

N'oublions pas que le but de cette sélection est aussi de créer des associations fourragères ! Les tests d'associations de variétés peuvent alors commencer, notamment en imaginant lesquels se complémenteront bien sur le plan nutritionnel, ou quelles variétés pourront servir de tuteur aux plus fragiles. Les spécialistes composent alors en piochant parmi le vaste choix d'espèces de fourragères, dont des légumineuses (fenugrec, luzerne, minette, sainfoin, trèfles, vesces...), mais aussi des graminées (ray-grass, fétuque, millet, sorgho...), des céréales (avoine, épeautre, sarrasin, seigle...), des crucifères (chou, colza, navet, moutarde, radis...) ainsi que des betteraves ou de la phacélie. L'objectif ? Répondre à la demande des éleveurs, qui ont besoin de mélanges particuliers : adaptés à la plupart des situations climatiques de France, adaptés à la production de foin riche en fibres qui complètent les rations riches en énergie, ou même adaptés au sursemage des prairies dégarnies.

  
                                                                 Photos©gnis 

 

©métaphore production



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