Salades et haricots : les étapes pour créer et commercialiser les nouvelles variétés

Salades et haricots : les étapes pour créer et commercialiser les nouvelles variétés

août 2010

Près de 400 variétés de salades et 200 de haricots sont inscrites au catalogue français, dont respectivement environ 40 et 10 nouvelles chaque année. Pourquoi créer de nouvelles variétés, comment, et comment elles sont ensuite homologuées.

• Philippe Fresse, responsable potagères pour le marché amateur, Clause
• Richard Brand, directeur du Geves les Vignères

Pourquoi et comment créer de nouvelles variétés

Philippe Fresse 
Pour le jardinier amateur, le haricot et la laitue sont deux espèces majeures, car faciles à réaliser. Il existe entre 300 et 350 variétés de laitue et environ 200 de haricot. Dans les jardins, des variétés anciennes et modernes se côtoient. D'ailleurs, le qualificatif de « moderne » est tout à fait subjectif.
Le haricot est originaire du Pérou, où il était cultivé il y a 7000 ans, sous forme de liane. On en consommait ses grains. Arrivé en Europe avec Christophe Colomb, il fut ensuite consommé en gousses, cueillies avant maturité, à partir du 18ème siècle. Une pression de sélection a donc été faite pour privilégier les gousses. Quant aux laitues, elles étaient, à l'époque romaine, très amères. « Ce que nous faisons maintenant, les adaptations que nous recherchons, ne sont qu'une continuation des améliorations débutées il y a longtemps. Aujourd'hui, les Hommes veulent avoir une alimentation régulière, abondante, diversifiée : c'est donc pour répondre à ces besoins qu'on adapte les plantes. Les changements climatiques sont également une des nécessités qui poussent à adapter les plantes à de nouvelles conditions. On cherche ainsi des plantes plus rustiques, capables de supporter une plus forte température et une diminution de l'apport en eau. On recherche des caractères présents dans la nature pour les introduire dans les plantes cultivées et éviter ainsi l'utilisation de traitements phytosanitaires. » D'ailleurs, pour répondre aux exigences du Grenelle de l'Environnement, l'utilisation des produits chimiques devra être réduite de moitié.

Les nouveaux consommateurs veulent se mettre à jardiner, mais n'ont pas forcément toutes les connaissances. « Prenons l'exemple d'un jeune couple de 30 ans, accédant à la propriété. Il faut lui apporter des choses simples et faciles à cultiver, comme par exemple, des haricots dont la récolte est échelonnée. »
Créer de nouvelles variétés permet ainsi de donner le choix au consommateur et contribue à la biodiversité. Car « la nature a tous les talents, tous les goûts sont dans la nature ».
Les défis à relever sont donc de plusieurs ordres : meilleure résistance aux pesticides, prendre en compte les changements environnementaux, améliorer la valeur alimentaire.

Ainsi, les nouvelles variétés de laitue ont une morphologie identique aux plus anciennes, mais présentent une résistance à la pourriture du mildiou et aux pucerons. Pour les amateurs, une des tendances fortes est l'amélioration par rapport à l'environnement. On veut également pouvoir en cultiver toute l'année, ce qui est possible à condition de choisir les bonnes variétés. Les consommateurs souhaitent également qu'elle se conserve.
En ce qui concerne les haricots, ce ne sont pas les mêmes variétés qui sont utilisées pour les industriels et les amateurs, car leurs besoins sont différents. Pour les premiers, les haricots doivent supporter d'être mis en conserve, tandis que les seconds recherchent une récolte échelonnée. Les variétés modernes sont beaucoup plus productives et leurs plants doivent donc supporter leur charge. Les pieds sont donc maintenant très grands. Saveur, goût et productivité sont les critères recherchés pour le haricot. Certaines variétés montent jusqu'à deux mois de productivité.

Comment elles sont ensuite homologuées

Richard Brand
Quelles garanties le consommateur a t-il de la qualité et de l'authenticité des variétés ? Le Geves est justement là pour ça. Le Geves mène les essais nécessaires à l'homologation des nouvelles variétés végétales avant leur commercialisation. Ainsi, pour qu'une nouvelle variété soit inscrite au Catalogue, elle doit répondre à plusieurs critères : elle doit être nouvelle, bien entendu, suffisamment homogène, stable, et les caractères déclarés par celui qui la met sur le marché vérifiés. Alors, seulement, elle reçoit une autorisation de mise sur le marché. L'inscription au catalogue officiel garantit l'authenticité et la qualité des semences.
Conserver les semences permet également de contrôler leur qualité au cours du temps et d'en vérifier la qualité. Tous les 5 ans, on vérifie les lots, au titre de la maintenance.
En 1997, la France a créé, en complément du catalogue officiel des espèces et variétés potagères, une liste particulière afin de faciliter l'inscription et la commercialisation d'anciennes variétés auprès des jardiniers amateurs. Les critères d'inscription sur cette liste sont plus souples que ceux exigés pour les variétés mises sur le marché professionnel.

 
      

   Photos©gnis

 

                                                                 ©métaphore production 



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