Le catalogue : un outil au service de la biodiversité commercialisée et des consommateurs

Le catalogue : un outil au service de la biodiversité commercialisée et des consommateurs

août 2010

Commercialiser des semences saines, loyales et marchandes : tels sont les points que le Catalogue des espèces et des variétés, créé en 1932, garantit aux utilisateurs. Le catalogue répertorie toute la biodiversité commercialisable, c’est un outil qui encadre et sécurise la commercialisation des semences.

« Après le première guerre mondiale, il fallait booster les rendements agricoles, explique François Boulineau, secrétaire de la section potagère du CTPS. Par ailleurs, les usines qui transformaient des matières premières agricoles, la betterave par exemple, avaient besoin de connaître les qualités technologiques précises des espèces agricoles cultivées ». Des informations désormais renseignées dans le Catalogue. Dans le cheminement menant une nouvelle variété à l'inscription au catalogue, c'est le Ministère chargé de l'Agriculture qui prend la décision finale, publiant celle-ci au Journal Officiel. Pour prendre celle-ci, il s'appuie à la fois sur les avis d'un comité consultatif, dit Comité Technique Permanent de la Sélection (CTPS), ainsi que sur les résultats des expérimentations conduites par le GEVES (Groupe d'Etude et de Contrôle des Variétés et des Semences).

Le test de la Distinction-Homogénéité-Stabilité

Première épreuve à laquelle une variété doit satisfaire pour voir son nom figurer au Catalogue, celle de la DHS : Distinction, Homogénéité et Stabilité, soit les trois critères permettant d'établir la carte d'identité des variétés. Le but : s'assurer que la nouvelle variété proposée est bien distincte (D) de celles existantes, vérifier qu'elle est également homogène (H), c'est à dire que les plantes qui la composent présentent une forte similitude, et enfin attester de la stabilité (S) génétique de ses grains, ce qui assure qu'elle conservera ses caractéristiques au cours du temps. « Cette carte d'identité s'intéresse à la fois à des caractéristiques morphologiques et physiologiques, telles que sa forme, son adaptation aux jours longs ou courts, sa résistance aux maladies », explicite le spécialiste. Pour valider ces trois points dits DHS, les experts du GEVES s'appuient notamment sur les collections de référence. Parmi elles, plus de 24000 variétés potagères, conservées en chambre froide à Brion et Cavaillon, 30 400 variétés agricoles, conservées au Magneraud, et quelques 1100 autres variétés conservées en champ ou en serres, surtout ornementales et aromatiques : c'est autant de témoins auxquels sont comparées les nouvelles variétés candidates au catalogue et qui permettent de valider leur « DHS ». Epreuve supplémentaire pour les plantes de grande culture et la vigne : celle de la Valeur Agronomique et Technologique (VAT). « La nouvelle variété doit être au moins du même niveau, si ce n'est meilleure que celles déjà utilisées », précise le spécialiste. « Par exemple pour le blé tendre, on va tout particulièrement s'attacher à tester son rendement, ses caractéristiques de panification et sa tolérance aux maladies, qui devront donc au moins égaler les qualités des autres blés tendres déjà cultivés », détaille François Boulineau. Alors que les exigences environnementales se font de plus en plus pressantes, les spécialistes envisagent de faire évoluer la VAT en VATE, pour Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale. L'enjeu ? Evaluer également la dépendance des variétés aux intrants, parmi lesquels les pesticides ou l'azote, afin de favoriser les variétés plus respectueuses de l'environnement. Des évaluations sont déjà menées, notamment avec le blé à bas niveau d'intrants.

Un catalogue pour jardiniers amateurs et variétés menacées

Outre 4500 variétés agricoles et 2200 variétés potagères répertoriées dans le Catalogue, deux entrées spécifiques accueillent aussi les variétés pour amateurs (au nombre de 280), et les variétés de conservation (menacées de disparition). « Le secteur du jardinage potager amateur a explosé ces dernières années. Il représenterait 40% de la masse de production potagère ! » explique le spécialiste. D'où la mise en place de la rubrique « variétés anciennes pour amateurs », dont l'inscription se fait avec des coûts allégés, avec des critères DHS moins rigoureux. Contrepartie : ces variétés ne sont conditionnées qu'en petites unités de conditionnement, afin de ne servir que le marché « amateurs ». Quant à la rubrique « variétés de conservation », en cours de mise en place, elle est destinée aux variétés menacées d'érosion génétique et tout particulièrement liées à un terroir. Parmi elles on peut imaginer inscrire les haricots tarbais, les piments d'Espelette ou encore les oignons de Roscoff... 



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