Discours de Michel Pitrat, directeur de recherche Inra, président du CTPS potagères

Discours de Michel Pitrat, directeur de recherche Inra, président du CTPS potagères

septembre 2010

Discours de Michel Pitrat, directeur de recherche Inra, président du CTPS potagères

Nous allons conclure cette journée de rencontres.
Tout d'abord, le terme Biodiversité est porteur de différents sens. En voici deux belles illustrations : entre espèces (c'est le cas avec les bandes fleuries, où la diversité d'espèces botaniques est destinée à accueillir une diversité de faune) et intraspécifique, à l'intérieur des espèces, celle qui nous intéresse le plus, et à laquelle on pense le moins. Ce sont la deux acceptions du terme, lui-même à la mode et qu'il faut garder à l'esprit. L'introduction des tomates et des piments, c'est une histoire qui commence il y a longtemps, il y a 10 000 ans, quand l'Homme est devenu agriculteur, passant du statut de cueilleur à celui d'agriculteur. Il s'agit d'une continuelle adaptation : ses besoins ont changé et ils vont encore changer.

A force de sélection, l'Homme a ainsi obtenu, à partir du chou, le chou rouge, le chou-fleur, le chou de Bruxelles, les brocolis... Il en va aussi ainsi avec la betterave cultivée pour sa racine, mais aussi pour sa tige (les cotes de bettes). Ou encore avec l'artichaut, dont on consomme la fleur mais aussi la tige, appelée cardon. Quant au melon sauvage, ce dernier est tout petit, il pèse 50 grammes. Puis on a sélectionné le type fruité et non fruité, pour le melon-légume, qui n'est pas consommé en France.
On sélectionne donc pour s'adapter aux besoins de l'Homme. Auparavant, on pratiquait la culture sous châssis, d'une hauteur de 50 cm : on sélectionnait alors des variétés naines, adaptées aux châssis. Maintenant, les châssis ont disparu, on utilise les serres, qui vont jusqu'à 5 mètres de haut. On a alors sélectionné tomates, concombres, adaptés à la culture dans ces conditions.
D'autre part, beaucoup de gens font leurs courses pour une semaine et pourtant, on veut manger des fruits et légumes tous les jours. Il ne faut donc pas accuser les circuits de distribution, nous aussi, les consommateurs sommes coupables. En achetant, on entretient ce système.
Dans cette diversité, les nouvelles variétés correspondent à ces besoins. Dans 50 ans, il y aura d'autres besoins de consommation, de nouvelles espèces seront cultivées ou introduites, comme le chou chinois. De nouveaux types végétaux, basés sur les ressources génétiques disponibles, existeront. Grâce au Geves, au CTPS, aux sélectionneurs...
Dans 1000 ans - mais y aura-t-il encore des hommes dans 1000 ans ? - nous aurons été un petit point dans cette histoire. Les liens avec les légumes sont très changeants : la tomate est le légume du 20è siècle. Alors, que le chou, au 19ème siècle, était le légume principal. Peut-être que dans 20 ans, on ne mangera plus de tomates.
Il nous faut donc être conscient de l'évolution, l'apprécier... Ce que je vous invite à faire en dégustant toute une diversité de melons. 



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